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samedi, juin 04, 2011

Amour éternel - L'amour authentique (corrigé) - Chapitre XXIX


L'amour authentique 

XXIX




Deux semaines plus tard...

Madailéin était assise sur la terrasse. Sami et Mori arrivèrent et lancèrent un regard à Chung. Il regarda Madailéin, et lui dit de retourner à l'intérieur. Elle le fit sans poser de questions.

Il sentait la rage traverser son corps tout entier. Mori s'approcha de Chung.

¾   On l'a trouvé! Madailéin l'a vraiment amoché. Nous l'avons questionné sur l'agression et il a dit...
¾   Il vous a dit quoi? Chung sentait qu'il n'allait pas apprécier ce que Mori allait lui dire.
¾   Il a dit qu'il n'avait rien fait de mal et que de toute façon, ce n'était qu'une...
¾   Une quoi?!
¾   Qu'une pute et qu'elle avait failli le tuer.

Sami recula ne sachant pas comment Chung réagirait.

¾   Où est-il? demanda Chung.
¾   Dans le sous-sol de ton restaurant avec Saki. dit Mori.
¾   On ferait mieux de se dépêcher avant que l'envie lui prenne de le dépecer. On a tout fait pour le convaincre d'attendre que tu arrives.
¾   Je vais chercher Madailéin et on va y aller. Je ne veux pas que tu la laisses seule, Sami, même pas pour une seconde! Est-ce que tu as compris?! Et surtout, ne t'avise pas de lui toucher, ou même d'y penser, dit Chung.
¾   Qu'est-ce qui te prend? Je ne suis pas obsédé à ce point là! dit Sami.

Ils se rendirent Chez Mao.

Chung descendit très vite l'escalier du sous-sol. Une chaleur vive lui monta à la tête, lorsqu'il aperçut cet homme. Il paraissait détendu et même un brin arrogant. Il avait envie de le tuer sur le moment, mais il préférait le faire souffrir. Saki l'avait assis sur une chaise en bois. Ses mains et ses pieds étaient ligotés avec de la corde. Et il n'avait pas pu résister de le martyriser un peu. Un peu, c'est vite dit.

Dans le sous-sol, la chaleur était insupportable et cela rendait Chung très impatient et agressif.

¾   Détache-le, Saki! dit Chung.
¾   Tu es sûr de ce que tu dis? dit Saki.
¾   J'ai dit, détache-le!
¾   Ok! dit Saki.
¾   C'est quoi ton nom? dit Chung.
¾   Va te faire foutre!
¾   C'est ma femme que tu as agressée! cria Chung en donnant un coup de poing au visage de l'homme.
¾   C'est une femme froide et... une folle. dit l'homme en essuyant le sang sur sa bouche et releva la tête en souriant.

Saki n'avait pas pu s'empêcher de le frapper.  Saki est de petite taille, mais cela ne l'empêche pas d'encaisser plus d'un coup. Il a le crane rasé, un tatouage qui couvrait son dos en entier, représentant le chevalier de la mort. Pourquoi le chevalier de la mort? À chaque fois que quelqu'un lui pose la question, il répond : Parce que c'est moi. Aussi simple que cela. Il a une cicatrice de 10 cm sur le côté droit de son visage. Cette blessure est due à une bagarre lorsqu'il avait 20 ans. Il avait soigné sa blessure en y versant du sel, sans broncher. On peut déterminer ainsi, son niveau d'endurance.

Mori a un regard glacial. Il est grand et mince. Malgré son regard, il a visage doux, un visage égal sans défaut. ll travaille comme Traumatologue de nuit à l'hôpital, ce qui n'a rien à voir avec son autre vie. Le fait d'avoir soigné des enfants et des femmes martyrisés, victimes du même genre qu'il élimine, lui enlève un poids sur la conscience. S'il pouvait enrayer le plus possible de ses crapules qui s'acharnent sur des êtres aussi vulnérables que des enfants et des femmes, rien ne pourrait l'arrêter. Il avait un manque de compassion envers les personnes qui le dégoûtent, et il extériorise tout ce qu'il ressent. Si les gens ont le goût de le pousser à bout, il faudra qu'ils se réservent une place au cimetière, car il ne se gênera pas de les y envoyer.

Chung avait du mal à se maîtriser. Il sentait son sang bouillir dans ses veines. Il sortit un mouchoir de sa poche, et épongea la sueur sur son front, il le jeta et il se tourna vers Mori et lui demanda d'aller chercher sa masse.

Mori revient avec la masse. L'homme regarda ce qu'il avait dans les mains et ne se sentait pas rassuré. 

Chung dit à Saki de le retenir. Il s'approcha et l'homme lui cracha au visage.

¾   Vas-y! Je l'tiens! dit Saki.
¾   Tu es droitier ou gaucher? dit Chung à l'homme.
¾   Je suis droitier.
¾   Tu utilises souvent cette main?
¾   Pourquoi?
¾   Je t'ai demandé si tu utilises souvent cette main, réponds ou je te fends le crâne. cria Chung.
¾   Oui, je suis mécanicien.
¾   Oh! Tu es mécanicien! dit Mori en se moquant de l'homme.
¾   Vous allez faire quoi avec ça? demanda l'homme qui commençait à devenir agité.
¾   Est-ce qu'on t'a demandé de poser des questions? dit Mori en le frappant sur le côté du visage.

Chung leva la masse et lui brisa la main. Ils pouvaient entendre tous ses os se briser. L'homme hurla à s'en fendre l'âme et eut des nausées tellement la douleur fut insupportable.

¾   Maintenant tu as peur, sale chien! dit Saki.
¾   Tu peux crier sac à merde! cria Mori.
¾   Je n'arrive pas à croire qu'on laisse des fous comme vous en liberté! dit l'homme avec une voix douloureuse.

Chung attrape son couteau qui était placé sur une autre chaise derrière lui et lui tailla le visage en travers de la tempe au menton. L'homme hurlait tellement que le sang lui sortait du nez. 

¾   Tu peux crier comme tu veux! Personne ne peut t'entendre! cria Chung. 

Son visage défiguré par la rage laissait croire que la suite des événements allait être assez violent.

Chung prit sa masse et de toutes ses forces, il lui brisa le genou droit.

L'homme cracha beaucoup de sang, les os se cassèrent comme des brindilles.

¾   On fait quoi maintenant? dit Saki en se frottant les mains, et en se balançant de gauche à droite.
¾   Tuez-le! dit Chung.
¾   Ouais... dit Saki.
¾   Je suis désolé! Je vous en prie, ne me tuez pas! dit l'homme.
¾   Oh! Tu nous implores, maintenant! dit Mori.
¾   Regardez-le! Il a peur! Tu as raison d'avoir peur. Parce que tonton Saki, va s'occuper de... toi. dit-il en riant.
¾   Ne me tuez pas, je vous en supplie, je suis désolé! dit l'homme.
¾   Croyant ou non, désolé ou pas, Tu vas crever! cria Chung en colère.
¾   Tu aurais dû y penser avant de faire ta saloperie! dit Mori, en lui donnant une claque derrière la tête.
¾   Lorsque j'ai su que vous aviez tué mon frère, j'étais fou de rage. J'en parlé à une personne dans un bar, je ne connais pas son nom, et il m'a donné un numéro et on m'a dit qu'ils me paieraient pour me venger. J'ai accepté, j'avais besoin d'argent. Je devais lui faire une peur c'est tout, pour vous intimider.
¾   C'est tout?! dit Mori. Tu n'as aucun remords à ce que je vois.
¾   Il a des remords lui, d'avoir tué mon frère, cria l'homme.
¾   Ta gueule, cria Mori. Ton frère c'était un putain de violeur, comme toi.
¾   Je sais, j'ai déconné. On m'a donné une photo d'elle et l'adresse. dit l'homme avec le souffle court.
¾   Quoi! Tu te fous de ma gueule ou quoi? cria Chung.
¾   Non, je vous jure. dit l'homme énergiquement.
¾   Tu vas nous dire qui t'a payé pour faire ça! dit Saki, en le saisissant par les cheveux. Il lui tira la tête vers l'arrière.
¾   Je ne peux pas vous le dire! dit l'homme.
¾   Je jure que tu vas nous le dire! cria Chung.
¾   C'est qui! cria Mori en lui assénant un coup de poing au visage.
¾   Je ne connais pas son nom! dit l'homme en essuyant le sang qui lui coulait de sa bouche.
¾   Tu exécutes un contrat pour une personne que tu connais pas? dit Chung d'un ton insolent.
¾   Tu n'essayerais pas te moquer de nous encore une fois, dis-moi! dit Saki.
¾   Non! Je vous jure. Je communiquais par téléphone avec la personne. Il transformait sa voix avec un appareil électronique. Je ne connaissais pas le nom de votre femme et ni le vôtre, on m'a juste remis une photo de vous et de votre femme.
¾   Tu dis que tu as été payé pour faire ça. On t'a envoyé un chèque par courrier recommandé? dit Mori en riant.
¾   Non, je devais aller cueillir l'argent dans la cour arrière d'un restaurant.
¾   Quel restaurant? dit Chung qui commençait à perdre patience.
¾   Le El Diablo à quelques rues d'ici.
¾   Je sais où c'est. Le propriétaire de ce restaurant est un des hommes de Raymond Duval. dit Mori.
¾   Je ne peux pas vous en dire plus. dit l'homme en dévisageant Chung. 

La morve lui coulait du nez et il s'essuya avec peine. Sa main le faisait souffrir.

¾   Tu fermes ta gueule! cria Mori, en lui donnant un coup sur sa main blessée.
¾   Je vous ai révélé tout ce que je savais. dit l'homme avec une voix douloureuse.
¾   Il t'a dit de fermer ta gueule. cria Saki, en le frappant.
¾   Laisse tomber Saki. Au fait, tu n'as pas dit comment tu t'appelais! dit Chung.
¾   Josh! Je m'appelle Josh! Josh Johns.
¾   Josh, mon très cher Josh... Tu vois, j'ai un problème, je dois savoir qui t'a ordonné de faire ça, et aussi je dois te tuer pour avoir agressé ma femme, au lieu de t'en prendre à moi. dit Chung dans un langage méprisant.
¾   Je ne connais pas son nom, je viens de vous le dire! Je suis désolé! dit l'homme énervé. Il regarda les trois hommes un après l'autre.
¾   Oui, mais tu as un numéro de téléphone? dit Chung.
¾   Oui, mais il changeait de numéro à chaque fois, dit l'homme.
¾   Ah! Je vois...
¾   Comme ça, tu es assez lâche pour accepter de brutaliser une femme! En plus d'être un trou du cul, un menteur et un blagueur, tu es un violeur de femmes. Tu sais ce qu'on fait avec les violeurs? On les démembre et on les laisse se faire bouffer par les corneilles. Qu'en dis-tu! C'est cool! dit Mori en souriant bêtement.
¾   Je ne suis pas comme ça... Je l'ai fait pour l'argent! dit l'homme en regardant Chung et Mori un à un.
¾   Donc tu dis que tu as agressé ma femme pour de l'argent et parce que j'ai tué ton frère! C'est ça, que tu viens de dire! riposta Chung.
¾   Oui, Monsieur Chung. l'homme eut une expression embarrassée sur le visage.
¾   Tu as dit M. Chung. Donc tu connais mon nom! dit Chung. Tu viens de retrouver ta mémoire?
¾   Merde! jura doucement l'homme.

Chung le regarda intensément. Il mit ses mains dans ses poches de pantalon et continua de fixer l'homme sans bouger.

¾   Tu me fais perdre mon temps. Tu es, soit très brave ou soit très stupide. Je déteste qu'on me prenne pour un con. dit Chung calmement.
¾   Non! Je ne vous fais pas perdre votre temps. Je vous ai d....
¾   Ferme ta gueule! l'interrompit Chung.
¾   Qu'est-ce que tu vas faire? demanda Saki.
¾   Rien pour l'instant. dit Chung pensif.
¾   Quoi? On peut régler son compte maintenant et tu dis, rien pour l'instant? dit Saki étonné.

Il sait que même calme, Chung est dangereux. C'est dans ces moments, qu'il est le plus à craindre.

¾   Ne t'en fais pas, celui qui a donné cet ordre acquittera sa dette un moment donné, mais pas aujourd'hui. Je vais m'organiser pour qu'ils se tuent entre eux. Je ne mettrai pas leur sang sur mes mains. J'en ai assez avec celui de cette pourriture.
¾   Vous pouvez me laisser partir, je ne ferai rien qui pourrait vous nuire. dit l'homme.
¾   Mon cher ami Josh, j'ai dit que je ne ferai rien aujourd'hui, mais je ne parlais pas de toi. dit Chung avec un rictus.
¾   Alors on fait quoi? dit Mori.
¾   Arrangez-vous pour que cette crapule ne crée plus d'ennuis à personne. dit Chung en fixant l'homme.
¾   Je peux prendre ta masse? demanda Saki.
¾   Fais-toi plaisir, dit Chung.
¾   Ah! Ouais... Alors Josh... de quel côté veux-tu que je te défonce le crâne? Le côté gauche ou le côté droit? Personnellement, je préfère le côté gauche! Mais c'est chacun ses goûts! dit Saki en le regardant. 

Saki regarda le bout de la masse et sans plus attendre lui donna un coup du côté droit. L'homme inclina la tête sur le côté et tomba sur le plancher.

¾   Oh! Il me présente son côté gauche...

Saki lui donna un autre coup, en éclaboussant Mori.

¾   Ah! Putain Saki! cria Mori en s'essuyant le visage.
¾   Ah! dit Saki. Regarde sa tête! Regarde-le, il en fait presque pitié.
¾   Putain, c'est pas vrai! Il respire encore ce con! Achève-le! dit Mori.
¾   Tu deviens sentimental? Je vais arranger ça, dit Saki.

Le sang gicla de tous les côtés, éclaboussant Mori une seconde fois. Le visage de Mori était rempli de fines taches pourpres. Saki explosa de rire.

¾   Haha! Mori, tu as des taches de rousseurs comme Madailéin maintenant! dit Saki.

Mori le regarda froidement.

¾   Ok, ok, désolé... dit Saki, l'air pas du tout désolé.
¾   Putain! dit Mori, en s'essuyant le visage de nouveau. Il m'a peut-être passé une saloperie, ce crétin.
¾   Pousse-toi de là! dit Saki. T'avais juste à aller plus loin! Alors Chung, tu en as d'autres comme ça? Je viens juste de m'échauffer!
¾   Ça viendra, dit Chung.

Il regarda l'homme se vider de son sang. Il s'avança et lui donna des coups de pied. Il n'arriva pas à se contrôler et continua de la frapper.

¾   Arrête Chung, il est mort! dit Mori. Faut se débarrasser de ce tas de merde, maintenant!
¾   Ah! J'ai trois poche de chaux dans le coffre de ma voiture! On va s'amuser? dit Saki en regardant Mori.
¾   Ah! Putain! Tu as des gants, et des lunettes protectrices, j'imagine?
¾   Ouais... dit Saki.

Mori secoua la tête.

¾   Chung, retourne voir Madailéin, on s'occupe de lui, dit Saki. Tu peux lui faire un petit câlin pour moi, et demande-lui de me préparer un plat irlandais, j'en ai jamais mangé! ajouta Saki.
¾   Ouais... dit Chung. Je vais lui dire.
¾   Merde Saki! Tu penses à manger après ça? Tu sais que tu t'es malade? dit Mori.

Saki haussant les épaules.

¾   Je me sens bien, pourtant! Tu crois que je devrais aller consulter?

Chung le regarda et éclata de rire.

¾   Sacré Saki, on ne pourra pas le changer. dit Chung.

Chung marcha jusqu'au bas de l'escalier. Il se rendit à la salle de bains et se lava les mains et aspergea son visage. Il ajusta le col de sa chemise et boutonna la veste de son habit. Il peigna ses cheveux avec ses doigts. Il retourna devant l'escalier. Il respira profondément, monta l'escalier et alla retrouver Madailéin qui était assise avec Sami.

Lorsque Madailéin l'a aperçu, elle devinait qu'il s'était passé quelque chose.

¾   Sami, va au sous-sol... j'ai sorti deux bouteilles de baijiu pour toi!
¾   Merci, Chung! dit Sami.

Il se leva et se rendit jusqu'à la porte du sous-sol, l'ouvrit et la referma derrière lui. Lorsqu'il arriva au bas de l'escalier, il vit l'ampleur des dégâts.

¾   Merde! Vous n'y avez pas été de main morte! dit Sami.
¾   Ouais, on s'est bien amusé, dit Saki en s'approcha de Sami.
¾   Éloignes-toi de moi, espèce de malade. dit Sami.
¾   Tu m'en veux depuis l'école primaire, ça devient chiant... dit Saki. Je ne suis pas méchant pourtant!
¾   Je respire mieux quand tu es à plusieurs mètres de moi. 
¾   Allez faut se débarrasser de cette merde, j'ai ma femme qui m'attend! dit Saki.
¾   Ta femme? dit Sami, plus que surpris.
¾   Ouais, il s'est marié le mois dernier, et elle est enceinte! dit Mori avec un léger sourire.
¾   C'est pas vrai, elle sait quel genre de malade tu es? demanda Sami.
¾   Elle m'aime en tout cas, dit Saki. Et je vais avoir un fils! dit-il en riant.
¾   J'avais oublié, il n'y a pas de permis pour les naissances, et la vasectomie est volontaire dans ce putain de pays. Rends service à la société, fait en sorte que ton fils ne soit pas aussi débile que toi, dit Sami.
¾   Tu n'es pas gentil de dire ça! Mori! Dis-lui d'arrêter! dit Saki.
¾   Arrête, Sami. dit Mori.
¾   Moi, j'ai une femme qui m'aime. Toi, tu les baises, tu les laisses tomber après, tu ne les respectes même pas. Tu as déjà été aimé par une femme, Sami? demanda Saki.
¾   Arrêtes Saki, dit Mori.
¾   Pfff, j'ai raison quand même.
¾   Alors qui lui a réglé son compte? dit Sami.
¾   Chung a commencé par le martyriser, mais ce que tu vois là... c'est moi! dit Saki. Il est bien réussi, hein!

Sami le regarda en levant les yeux. Il secoua la tête.

****

Qu'est-ce t'as fait, Chung? demanda Madailéin avec une voix affolée. Rien, ma chérie. Ne t'inquiète pas. J'ai fait ce qu'il y avait de mieux à faire. répondit Chung en caressant les cheveux de Madailéin.
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Karole McDowell 2011 - (c) La reproduction est interdite sans l'autorisation de l'auteure.

vendredi, avril 08, 2011

Amour éternel - L'amour authentique - Chapitre XXVIII (corrigé)


L'amour authentique

XXVIII


Sami était assis au salon avec Chung. Il le regardait, ses yeux étaient si menaçants, qu'il en eut des sueurs dans le dos.

¾   Ça va, Chung? demanda Sami.
¾   Comment veux-tu que ça aille? Je ne me sentirai pas bien, tant que je n'aurai pas trouvé cette ordure, dit Chung en regardant dans le vide.

Mori était du genre à réfléchir avant chacun de gestes, avant de prononcer chaque mot. Jamais il ne parlait pour rien. Il sortit de sa chambre, et alla rejoindre Sami et Chung au salon. Sami leva les yeux vers Mori.

¾   Alors, elle va bien? demanda Sami.
¾   Oui. répondit-il froidement. Chung, tu peux aller la voir si tu veux. dit-il aussi froidement.
¾   Je suis vraiment à deux doigts d'arracher la tête de ce trou du cul. Il a osé toucher ce que j'ai de plus précieux. Toutes ces conneries que j'ai pu faire me reviennent en plein visage.
¾   Ça ne sert à rien de te culpabiliser, Chung. Pas en ce moment. Ce qui est fait est fait. dit Sami.
¾   Comment peux-tu oser dire ça! cria Chung. Elle m'a accepté totalement. Et je n'ai pas pu assurer sa sécurité. Elle a tout abandonné pour moi.
¾   Oui, et elle a même accepté ta personnalité, moi-même, j'ai été surpris par son courage. dit Sami.

Chung leva la tête vers Sami et fit un sourire.

¾   Il a osé la toucher! dit Chung, aveuglé par la colère. Je vais le massacrer!!
¾   Non tu ne feras rien du tout! dit Sami.
¾   On va le trouver. Ne t'inquiètes pas, dit Mori. Tu as ma permission, c'est même un ordre!

Sami regarda Mori, surpris par sa réplique. Mori, le réfléchit, avait prononcé ces mots, oui, il les a prononcés. 

¾   Je vais appeler Saki. dit Mori.

Il recula de deux pas et sortit du salon.

¾   Saki? dit Sami en regardant Chung. Il va appeler ce maniaque sanguinaire?
¾   ...

Chung ne répondit pas. Il avait la tête baissée et il semblait réfléchir intensément.

¾   Chung, il dit qu'il va appeler Saki! Tu écoutes! Qu'est-ce qu'il lui prend à Mori? dit Sami.

Sami leva les yeux en entendant Mori réciter un truc qu'il ne connaissait pas.

¾   Qu'est-ce qu'il fait encore? dit Sami en haussant les sourcils.
¾   Il récite la prière du guerrier! dit Chung.
¾   La prière du guerrier? Pour un seul gars? dit Sami en soupirant. Ça existe ça, la prière du guerrier?
¾   Ouais... c'est la sienne! dit Chung. Tu m'as dit l'autre jour que je m'étais trop écarté de ma culture, toi, tu ne t'es pas écarté, tu es complètement ignorant. dit Chung. Je vais voir Madailéin.

Chung se leva brusquement et se dirigea vers la chambre. Il se tourna vers Sami en secouant la tête. Il entra. Il s’accroupit et il se colla contre elle et il ne disait pas un mot. Il fixait droit devant lui, et il avait le poing droit serré.

¾   Qu'est-ce que tu as, Chung? demanda Madailéin.
¾   Il ne faut plus que tu t'inquiètes. Tu es avec moi et rien ne peut t'arriver à présent.
¾   J'ai mal à la tête! dit-elle.
¾   Je n'aurais pas dû te laisser seule!
¾   Ce n'est pas ta faute!

Chung s'éloigna d’elle et toucha son visage avec sa main droite. Il lui donna un baiser sur la joue en l'étreignant. Il regardait Madailéin en secouant la tête. Il n'aurait jamais imaginé qu'un truc pareil pouvait lui arriver.



À suivre…



Karole McDowell 2011 - (c) La reproduction est interdite sans l'autorisation de l'auteure.

Amour éternel - L'amour authentique - Chapitre XXV (corrigé)


L'amour authentique

XXV


Quelques semaines plus tard, Chung et Madailéin furent invités par un des amis de Chung qui donnait un spectacle dans un restaurant situé à une trentaine de minutes de la ville avoisinante. Le "Red Sun" est un chic restaurant Dîner-Spectacle.

¾   La première fois qu'on s'est vu, je pensais que tu étais brusque et sauvage... Une erreur stupide, j'ai vite compris que tu n'avais rien à voir avec ces idées préconçues. Tu en étais l'exact opposé. J'étais étonné de voir autant de gentillesse incarnée en une seule personne.
¾   J'aime bien ce que tu me dis! dit Madailéin.
¾   Madailéin! dit Chung.
¾   Oui! dit-elle en souriant.
¾   Tu sais l'autre soir lorsque je suis sorti avec Sami et Mori, je ne suis pas allé faire une partie de billard. dit-il mal à l'aise. Nous avions un c(...)
¾   Chung! dit-elle en l'interrompant. Le plus important est que tu sois ici... avec moi.

Chung sursauta lorsqu'un homme lui donna une tape dans le dos. Il leva les yeux vers lui et s'aperçut que c'était un homme avec qui il avait été ami dans le passé.

¾   Hey! Chung, ça va? dit l'homme.
¾   Oui, pas mal. dit Chung.
¾   Oh! Je vois que tu ne t'ennuies toujours pas! Bonsoir, Mademoiselle, je suis Frankie. Et comment se nomme c'est charmante demoiselle?
¾   Je (...)
¾   C'est ma femme, dit Chung en ne laissant pas le temps à Madailéin de parler.
¾   Oh! Je vois que tu as arrêté de butiner, c'est bien ça! On se sent toujours mieux quand on est fixé. dit Frankie. Bon je vous laisse les amoureux. À plus!
¾   Ouais, c'est ça! dit Chung.

Chung se tourna vers Madailéin en ressentant un malaise. Il lui fit un sourire nerveux. Cet abruti lui avait fait perdre la face devant Madailéin, il aurait pu le frapper pour ça.

¾   Butiner? dit Madailéin en souriant. C'était avant ou après moi? demanda-t-elle.
¾   Je te l'ai dit l'autre soir avant que Mai nous surprenne dans la cuisine. J'ai eu des femmes auparavant, mais rien de sérieux, ce n'était que de l’amusement. C'est pour ça qu'au tout début, lorsque tu m'avais surpris avec Zi, je t'avais dit qu'avec elle ce n'était rien. dit-il en serrant les dents.
¾   Hum! Tu m'as trompé? Si tu es si jaloux, c'est peut-être que tu as peur que je sois comme toi! Non?
¾   ...
¾   Pourquoi tu ne réponds pas! dit-elle calmement.
¾   Je n'aime pas que tu doutes de moi. dit Chung en fuyant son regard. Il ressemblait à un enfant qui avait été grondé par sa mère.
¾   Alors, tu m'as trompé ou pas? redemande-t-elle.
¾   Je ne suis pas l'homme le plus parfait, mais je ne t'ai pas trompé et je ne le ferai pas non plus. Tu le sais non?
¾   Donc, si je comprends bien, si tu as réagi si mal l’autrefois  dans le stationnement du centre commercial, lorsque je t’ai dit que tu n’étais pas différent de Sami, tu étais un peu comme lui!
¾   Je n’étais pas comme lui, je n’ai jamais rien promis à une femme, comme lui le fait pour les attirer dans son lit.

Il prit sa main et la porta à sa bouche.

¾   Je... Je t'aime Madailéin. dit-il.
¾   Moi aussi, je t'aime Chung. Tu m'as fait redécouvrir l'amour que je croyais ne plus jamais revivre après la mort de Sato.
¾   J'espère que toi aussi, que tu m'avoueras un jour  que tu m'aimes autant que tu l’as aimé. Ta simple présence suffit à mon bonheur.
¾   Qu'est-ce que tu veux dire autant que lui? Je t'aime Chung, Je t'ai donné ma virginité, ce que lui n’a pas eu.

Chung regardait celui qui avait été son ami dans le passé. Un ami, si on peut vraiment le qualifier ainsi.

Frankie prit un banc au comptoir. Chung pouvait sentir la pesanteur de son regard sur lui et... sur elle. Il devait croire qu'elle était du même genre qu'il avait connu avant elle. Et ça le rendait nerveux. Il aurait voulu le traîner dehors et lui donner une bonne raclée.

¾   Je suis vraiment désolé, ma chérie! Mais s'il te plaît, ne doute pas de moi. 
¾   Ok. dit-elle.
¾   Je reviens, dit Chung en se levant.

Elle le regarda se diriger vers les toilettes.

Peu de temps après, Madailéin constate qu'un homme la dévisage avec insistance. Il était accompagné de deux hommes. Elle se sentait intimidée et n'osait plus regarder en cette direction. 

"Il porte des lunettes de soleil à l'intérieur, c'est étrange!" se dit Madailéin.

Il avait les cheveux mi-long noirs bouclés. Les deux hommes qui l'accompagnaient portaient des habits haut de gamme. Elle éprouva un malaise lorsqu'un des deux hommes se leva et se dirigea vers elle.

¾   Bonjour, Mademoiselle! Mon frère vous offre cette rose. Il se nomme Georges. Il est très timide, alors j'ai décidé de venir pour lui. Pourrais-je connaître votre prénom? 
¾   Pourquoi voulez-vous savoir mon prénom? 
¾   Georges aimerait bien vous rencontrer. 
¾   Vous n'avez pas vu que j'étais accompagnée? Je ne peux accepter sa proposition. Dites-lui que je le remercie pour la rose. 
¾   Il sera désappointé, mais je vais lui faire le message. 

L'homme regagna sa table, et les trois hommes quittèrent le restaurant. Madailéin regarda les hommes monter dans leur voiture avec empressement. Lorsqu'elle se retourna, elle vit Chung qui vint la rejoindre.

¾   Tu as acheté une rose! dit Chung. 
¾   Non, on me l'a offerte. 
¾   Qui?! 
¾   Un homme qui était assis à cette table, là, juste derrière toi! 
¾   Tu l'as accepté? dit Chung en se tournant pour regarder. Qu'est-ce qu'il voulait? Il était seul? 
¾   Deux hommes étaient avec lui. C'est son frère qui est venu pour me la donner. 
¾   Comment s'appelle-t-il? Il te l'a dit? 
¾   Oui, il se nomme Georges. Toutefois je ne connais pas le prénom de celui qui m'a remis la rose. 
¾   Il a fallu que je m'absente quelques minutes, pour qu'on vienne t'importuner. Je suis désolé.
¾   Ils sont partis très vite lorsqu'ils t'ont vu sortir des toilettes. Tu t'en fais pour rien. Il ne s'est pas jeté sur moi, il a été très gentil. 

Il la regarda en haussant les sourcils.

¾   Gentil? Il a attendu que je me lève pour venir te parler. Nous n'avons pas la même définition de ce mot, je crois.
¾   Hum! dit-elle en hochant la tête. 

Madailéin ne réussissait pas à le comprendre. Après une petite crise de jalousie, il devenait distant. Il est si hermétique, comme si les sentiments d'un homme étaient considérés comme un handicape ou une faiblesse.

Chung n'a pas eu une enfance agréable. Sa mère est morte alors qu'il avait à peine neuf ans. Son père s’était remarié un an plus tard. Il aimait bien sa belle-mère, mais ce n’était pas sa mère, et elle ne le sera jamais, ce qui avait créé des tensions entre son père et lui à plusieurs occasions.

C'est à l'adolescence, qu'il commença à exécuter des contrats. Malgré son jeune âge, il était très apprécié, et sa loyauté n'avait plus besoin d'être prouvée.

Il réfléchit à tout ce qu'il a accompli jusqu'à ce jour. Il n'aurait jamais pensé avoir la chance de rencontrer celle qui lui était destinée. Il en avait rêvé souvent. Madailéin. Et pourtant... 

Son travail à l'hôpital lui manquait parfois, mais il était bien, et c'est ce qui comptait. Il y retournera, mais pas pour le moment. Le fait qu'ils ont dû quitter le Québec, avait chamboulé beaucoup de choses.

À trente et deux ans, il n'était plus le même. Il ne voyait plus aucune femme exceptée, elle. Il ne s'est pas jeté sur elle comme sur bouée de secours, il l'aimait. Il sait ce que Madailéin apprécie le plus chez lui. Il est resté le même et n'a pas essayé de changer pour lui faire plaisir.


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Les gens acclamaient les musiciens sur la scène et Chung entendait le claquement des mains, comme si les gens applaudissaient de l'extérieur. Madailéin s'était retournée pour apprécier le spectacle et elle se retournait de temps en temps pour lui faire un sourire.

¾   Où es-tu Chung? Tu ne sembles pas avec moi! 
¾   Je réfléchissais à ce qu’on s’est dit plus tôt!
¾   Je t'aime Chung! dit-elle en souriant. C’est ça le plus important.





À suivre…




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